Ainsi, au vu de ces chiffres, une grande partie de la profession estime que le nombre d'avocats est déjà trop important en France, ce qui expliquerait les difficultés économiques de certains et l'engorgement au niveau de l'entrée dans la profession.

Rappelons que certains jeunes confrères ne trouvent pas de collaboration à la sortie de l'EFB ou du CRFPA pendant plusieurs mois voire quelques années et se rabattent par dépit vers d'autres professions juridiques.

Même si ce constat est réel, il ne faut pas ignorer que près de 50 % des jeunes confrères quittent la profession passée les deux premières années de collaboration au vu de son rythme intense et de l'importance des charges sociales, pour certains, écrasantes.

Il faut aussi prendre en compte le phénomène de vieillissement de la population française qui touche également les avocats.

L'article du magazine indique à ce propos qu'il y a, à l'heure actuelle environ 300 départs en retraite annuelles alors que ce chiffre montera à 1000 par an en 2010, sans compter l'augmentation naturelle du nombre de postes à pourvoir dans le secteur.

Or, le rapport du CNB relève une nette diminution de l'attractivité de la profession d'avocat, phénomène qui touche toutes les professions indépendantes et notamment libérales depuis quelques années. 80 % des personnes interrogées, il y a 30 ans, souhaitaient embrasser une profession indépendante contre 15 % aujourd'hui, les personnes interrogées privilégiant plutôt la sécurité de l'emploi et une rémunération stable.

Cette baisse d'attractivité se révèle surtout dans le nombre d'élèves-avocats intégrant chaque année les CRFPA et l'EFB de Paris. Si les chiffres de cette dernière sont en augmentation constante chaque année, il n'en est pas de même de certains CRFPA régionaux où les effectifs sont parfois en baisse.

Le problème, comme le précise l'article du magazine, se situe au niveau du vide laissé par les avocats partis et qui ne sera pas immédiatement comblé par de nouveaux confrères.  Au détriment de la profession d'avocat et notamment dans le domaine du conseil aux entreprises, le vide laissé risque d'être occupé par des sociétés de conseil ou d'autres professions libérales.

C'est déjà le cas actuellement dans le secteur du droit des affaires majoritairement accaparé par les experts-comptables, parfois avec des conséquences désastreuses pour leurs sociétés clientes (j'en parle en connaissance de cause en matière de droit du travail).

Pour terminer sur une note optimiste, la difficulté réside surtout, selon moi, avant tout, dans la méconnaissance des élèves-avocats de la réalité du marché du travail de la profession et des perspectives d'évolution. En effet, pour eux, point de salut hormis l'avocat d'affaire au tarif UJA (3150 € HT la première année), la crainte étant de "finir" en petit avocat de province, équivalent SMIC voire RMI.

Or, dans cette profession, mieux vaut commencer bas pour se développer lentement mais sûrement en prévilégiant la persévérance et le long terme que commencer "haut", stagner et finir par abandonner la profession par lassitude.

Ce genre de comportement n'améliorera pas l'avenir de la profession ...